Chroniques de Lalongue

de 1902 à 1922.

 

C'est encore une période très riche en evènnements. Ce sont d'abord les fameuses lois de 1905 ordonnant la séparation de l'Eglise et de l'Etat; puis les nombreuses frictions entre la France et l'Allemagne sur le Maroc. C'est aussi la première traversée de la Manche en avion par Blériot et, juste avant la Grande Guerre, l'assasinat de Jaurès. De 1914 à 1918, l'histoire du Pays se résumera à celle de la Guerre. Enfin en 1919 ce sera le traité de Versailles et en 1920 la naissance du parti communiste.

Le 25/05/1902 « Monsieur le Maire expose qu’une effroyable catastrophe vient de frapper l’île de la Martinique et qu’une formidable éruption de la montagne Pelée a anéanti en quelques minutes la ville de Saint Pierre. Il propose au Conseil de voter une somme à titre de souscription communale pour les sinistrés de l’île précitée.

Le Conseil municipal s’associe aux sentiments de solidarité patriotique exprimés par Monsieur le Maire et vote à cet effet une somme de vingt francs à inscrire au budget supplémentaire de 1902. »

 

 

Explosion de la Montagne Pelée.

 

Le 17/05/1903 :  Souvenons-nous que l’école de filles est terminée depuis seulement vingt ans et qu’il y a juste deux ans, on y a construit un préau ; et bien, patatras, une lettre du Préfet où il est question de supprimer l’école des filles, met le feu aux poudres. La réplique des Lalongais se fait vive.

« Les écoles de la commune occupent deux bâtiments spéciaux et distincts ; la construction de l’école de filles a été imposée, il y a quelques années, à la commune et lui cause une lourde charge, du fait de la somme affectée annuellement à l’amortissement de l‘emprunt qu’elle a dû contracter pour cet objet ; il n'y a pas deux ans encore, l’Administration reconnaissant la nécessité de la construction d’un nouveau préau, la Commission départementale a gracieusement accordé une subvention de 200 F et le surplus de la dépense est resté à la charge des habitants de la commune qui ont consenti à ces sacrifices pour prouver le désir qu’ils avaient de confier l’éducation de leurs enfants à une institutrice...

Le Conseil a le devoir de se demander … ce que deviendrait la construction actuellement affectée à l’école de filles, et demande à Mr le Préfet de lui faire savoir s’il autoriserait la commune à vendre cet immeuble ! Dans l’affirmation, Mr le Préfet ne se prêterait , sans doute qu’à regret, à une opération financière aussi désastreuse pour la commune ; et dans la négative, la commune se trouverait condamnée à subir, sans profit aucun, les dépenses d’entretien, d’assurance et d’amortissement pour une œuvre caduque. »

En attendant une réponse et une décision ferme, l’école continua à fonctionner normalement.

 

Eglise de Lalongue sur sa motte.

Le 21/05/1905 : C’est la dernière subvention qui sera accordée à la fabrique. Celle-ci est alors de 100 francs alors que 125 francs étaient nécessaires pour équilibrer le budget. (Rappelons que l’on nomme fabrique ou conseil de fabrique, les personnes (prêtres et laïcs) chargées de l’administration des finances affectées à l’entretien de l’église).

 

Le 24/02/1907 : Suite à la loi du 2 janvier 1907, « vu la circulaire ministérielle du 3 février courant relative à l’attribution de la jouissance des édifices religieux affectés à l’exercice du culte, investit, à l’unanimité moins un, le Maire des pouvoirs nécessaires pour passer acte d’attribution de jouissance de l’église paroissiale de Lalongue avec les meubles la garnissant ».

            Il n'apparait pas que les habitants de Lalongue aient manifeté contre cette décision; il est vrai que cela ne changeait pas grand-chose dans les faits, la commune devant dorénavant s’occuper pleinement de l’entretien du monument.

 

 

Le 26 mai 1907 :    Y aurait-il des ivrognes à Lalongue? on peut se poser la question en lisant le compte rendu de la délibération du jour. « Considérant qu’en ce qui concerne l’application de la loi du 23 janvier 1873, un arrêté municipal est en vigueur pour la répression de l’ivresse publique… Est d’avis de prévenir dans certains cas particuliers de voisinage tout ce qui pourrait choquer la décense publique, devenir une cause de froissement, de scandale ou de trouble. Il prie, à cet effet, Mr le Maire de soumettre à Mr le Préfet un arrêté pour assurer la stricte application de l’article 9 de la loi du 17 juillet 1880 ».

 

 

Le 2 mars 1913 :   Bien que la location du presbytère (propriété de la commune) soit passée de 35 francs à 23 francs par an depuis la session du 11 février 1911 et ceci afin d’assurer un déservant pour l’église de Lalongue ; le 2 mars 1913 on apprend que « le Conseil Municipal de la commune de Lalongue, réuni d’urgence, pour examiner quelle suite il convient de donner à la cote non recourrue de 16,25 francs due par Mr Sarrelongue, ancien désservant, pour location du presbytère, propose, vu la fuite du dit Sarrelongue à l’étranger et son insolvabilité, l’admission de la cote sus-dite en non valeur… »

Où allons-nous si les désservants locaux, supposés modèles de vertu, deviennent des fraudeurs !

 

 

Le 15 janvier 1915 : C’est la première fois qu’il est fait mention de la guerre. Ce jour là, « les membres du Conseil municipal non mobilisés se sont réunis pour dresser la liste des contribuables qui par suite de la mobilisation doivent bénéficier de l’exonération partielle ou totale de leur prestation.

            Le Conseil municipal considérant que la guerre actuelle prive les familles des membres qui en temps ordinaire exécutaient la tâche des prestations, que les hommes qui restent sont par leur âge dans l’incapacité de l’exécuter, qu’il serait inhumain de contraindre les femmes à un travail qui n’est pas de leur sexe, dresse ainsi qu’il suit la liste des contribuables qui en 1914 bénéficieront de l’exonération totale. »

Il suit une liste de 21 noms.

Le compte rendu n’est signé que par 4 personnes : Loustalan, Laborde, Cabé et Yermoloff, les autres membres du Conseil devaient être sous les drapeaux.

            Cette exonération de taxe est reconduite au cours de la réunion du Conseil du 24/12/1916.

 

Le 27 mai 1917 :    « Des souscriptions « sont » recueillies par Mr l’Instituteur, parmi ses élèves, en vue de les faire participer à l’emprunt national de 1916 pour la défense nationale. »

Un titre au porteur de 5 francs de rente est ainsi remis à la commune. Il est alors suggéré que ce titre soit « destiné à perpétuer dans l’école ce mouvement généreux des élèves par l’emploi de son revenu annuel à la célébration d’une petite réjouissance scolaire en l’honneur de la victoire. » A cette demande le Conseil, « considérant qu’on ne saurait mieux rappeler aux générations futures leur devoir patriotique, prie Mr le Maire de faire procéder à son immatriculation au nom de la commune ».

 

 

A Lalongue, comme dans toutes les communes rurales de France, les femmes devaient certainement assurer les travaux des champs en plus de leurs charges familiales.

Le 5 mars 1920 :  Je n’ai trouvé aucune notes parlant de la fin de la première guerre mondiale. Il faut savoir que les registres des délibérations ne contiennent que des indications concernant la vie journalière du village.

            Ainsi, ce 5 mars apprend-t-on que « l’école primaire supérieure de Lembeye doit être supprimée à la fin de l’année », ce qui amène cette réplique du Conseil municipal « la suppression de l’école risque d’amener une régression dans le développement de l’instruction très nuisible aux intérêts de la région et du pays». Il « émet aussi le vœux que l’école supérieure de Lembeye soit maintenue telle qu’elle est organisée en ce moment, c'est-à-dire en école mixte ». 

 Ce même jour Il question « des tarifs des travaux et des fournitures » pour l’entretien des routes et chemins. Ainsi les prix en vigueur qui étaient alors de 14 francs pour 1 mètre cube et 0,15 franc pour un curage de fossé et l’enlèvement de la terre, devraient passer à 18 francs et 0,20franc.

 

Le 31 mai 1921 :  Un appel national a été lancé en faveur des communes dévastées par la guerre. Alors, « le Conseil, désireux de concourir au soulagement des populations meurtries par l’invasion, vote un crédit de 15 francs pendant vingt ans pour être affecté comme secours à la commune de Hénin Liétard des régions envahies… » (somme en fait un peu moins importante que le prix d’un mètre cube de cailloux par an !... ce n’est pas la ruine !)

 

 

Le 21 août 1921 :  Et oui, on reparle encore des écoles de Lalongue.

            Il faut savoir que l’école de filles construites à grands frais il y a à peine 40 ans, avait été fermée pendant la Grande Guerre et l’école des garçons transformée en école mixte ; et maintenant l’Inspecteur d’Académie voudrait pérenniser cet état.

            Alors « Mr le Maire engage le Conseil à prendre une délibération favorable au maintient  à l’école des filles. Le Conseil considérant que la population scolaire n’a pas diminué par le fait de la guerre ;

            Que bon nombre de familles, désirant confier leurs enfants à une institutrice, les envoient dans les écoles des communes voisines ou ne les envoient à aucune école ;

            Que la suppression de l’école de filles amènera fatalement une régression dans le développement de l’instruction féminine ;

            Que la population a, par patriotisme et non par indifférence, accepté provisoirement la transformation de l’école de garçon en école mixte pendant la durée de la guerre ;

            Emet le vœux  que l’école de fille de Lalongue soit maintenue. »

             Peine perdue, le 15 décembre 1922, le Conseil Municipal délibère pour mettre en « location le bâtiment communal rendu vacant par suite de la suppression de l’école de filles. »

 

 

Le 20 août 1922 :  Les Lalongais se souviennent des leurs qui sont morts à la guerre et « Mr le Maire soumet au Conseil le projet de monument destiné à commémorer les enfants de Lalongue morts pour la Patrie et demande de vouloir délibérer sur le choix d l’emplacement à lui donner. Le Conseil, vu le dit projet, considérant qu’on ne saurait jamais assez honorer les morts de la Grande Guerre , décide, à l’unanimité des voix, d’élever le dit monument sur un terrain à prendre à l’entrée du jardin d’école de garçons. »

        

 

 

 

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