Chroniques de Lalongue

de 1884 à 1901.

 

Cette période pourrait apparaître comme un espace tranquille entre les deux cataclysmes que sont les guerres de 1870 et celle de 1914; il n'en fut rien et, au contraire, elle regorge d'événnements qui sont encore bien présents dans notre mémoire collective. Ce furent la guerre en Chine et les conquêtes de colonisation en Afrique. Ce fut aussi la grande réforme de l'enseignement par le ministère Jules Ferry, puis la mort de Gambetta et celle de Victor Hugo. C'est encore dans ces années là que Pasteur découvrit le principe du vaccin contre le choléra puis contre la rage et qu'Effel construisit sa fameuse Tour. Et puis, ce fut alors que des ouvriers surexploités commencèrent à se grouper pour mieux se défendre contre un certain patronat, c'est  la naissance de la CGT. Enfin, ce qui a marqué peut être le plus les esprits, ce fut le développement de la fameuse affaire Dreyfus qui éclaboussa toute la société française.

Tout cela se passait bien sûr loin, très loin de Lalongue.

 

Le 6 janvier 1884.    Une fois de plus l’indiscipline de certains exploitants agricoles est punie. En effet «Considérant que le sieur Lagarde Jean, propriétaire domicilié à Lalongue, s’est permis, depuis plus de deux ans, d’empiéter, en face de sa propriété, sur le chemin de Hayet , en y plantant une haie vive et en pratiquant au contour de ce chemin un creux destiné à y entasser du fumier et que cet état de chose gêne la circulation des habitants ;

Considérant qu’il est du devoir de la commune de ne point tolérer de tels abus,

Est d’avis qu’il y a lieu d’autoriser Mr l’Adjoint  du Maire de poursuivre le dit sieur Lagarde Jean devant tous les tribunaux compétents et à plaider jusqu’à jugement définitif et même sur appel s’il y a lieu. »

Ah, on ne rigolait pas !

 

Le 18 Mai 1884.    Pierre Yermoloff est élu Maire de Lalongue et succède ainsi à son père Alexandre. Suite à cette élection, Mr Cavillon, nouvel adjoint, fait le panégyrique d’Alexandre Yemoloff .

« Monsieur Alexandre Yermoloff, possédant toutes les qualités d’un homme de bien, a administré pendant vingt-deux ans la commune. Toutes les fois qu’il s’agissait de son lieu d’adoption, rien n’arrêtait ni son zèle, ni son dévouement : notre prospérité, grâce a ses sentiments généreux, était en quelque sorte son idée fixe.

Pour moi, je ne puis m’empêcher de témoigner à Mr Alexandre Yermoloff des sentiments qui, j’en suis convaincu, sont ceux de tous mes collègues, en le remerciant de la sollicitude avec laquelle il a mis au service des intérêts de la commune toute son intelligence.

Les regrets que nous cause son éloignement sont adoucis par le choix que le Conseil Municipal a fait de son fils pour notre nouveau Maire. »

 

 

Le 22 Mars 1885:   La permission est accordée à Pierre Yermoloff de faire construire un mur de clôture « le long de ses propriétés bordant le chemin de grande communication n°4 dans sa traversée de Lalongue ».

 

Ce mur toujours plus ou moins debout, va encore de l'école jusqu'à la conciergerie du château, puis du nouveau cimetière jusqu'en face de l'extrémité du terrain de sport.

Le 25 Septembre 1885 :    Alexandre Yermoloff décède et suivant ses désirs il sera enterré dans le cimetière de Lalongue.

 

 

Le 8 Novembre 1885 :    Lors de la séance du Conseil de ce jour il est décidé « sauf la non approbation de Mr le Préfet, d’accorder à la famille De Yermoloff la concession perpétuelle et gratuite de douze mètres carrés de terrain dans le cimetière pour y fonder la sépulture de feu Mr Alexandre de Yermoloff ».

 

 

Ci-joint la tombe de Mr Alexandre de Yermoloff telle qu'elle apparaît de nos jours.

 

Le 2 Février 1890 :   Le Conseil Municipal est avisé par la préfecture d’un projet de construction d’une ligne de tramways entre Pau et Lembeye avec embranchement à Saint Laurent en direction de Garlin. Mais le Conseil, méfiant, pose ses conditions avant de s’engager financièrement ; il faudrait « qu’il lui soit démontré que l’écartement des rails réduit de 1m à 0,60m ne nuise en rien à la vitesse et au transport des marchandises diverses ».

 

Le 6 Août 1893 :   La construction d’une ligne de Tramways fait son chemin, aussi, « le Conseil Municipal, considérant tous les avantages qu’offrirait pour le pays la construction de la ligne de tramways Pau, Lembeye et Garlin… voulant contribuer à la réalisation d’un projet si longtemps réclamé… vote une imposition volontaire de cinquante francs dans la garantie d’intérêt annuelle qui, en cas d’insuffisance de recettes de l’exploitation, serait à la charge du département ».

C'est ce type de tramway qui serpenta entre coteaux et vallées du Vic-Bilh.

 

Le 11 Février 1894 :  Lors de la réunion du Conseil, on rediscute de tramways et on corrige un peu la décision prise en août 1893. A partir de «nouvelles bases adoptées par le Conseil Général pour la répartition du sixième de garantie d’intérêt laissé à la charge des communes traversées par la ligne de tramways Pau, Lembeye, Garlin…notre commune, bien que n’étant pas traversée par cette ligne, a le plus grand intérêt à sa construction » et « prend l’engagement… de contribuer, pour une somme annuelle de vingt et un francs, à compléter le contingent nécessaire pour assurer l’exécution du projet ».

Cette somme devra être perçue pendant 15 années à partir de 1900 et chaque hameau principal de la commune verra ainsi ses contributions augmenter de 1,5%.

 

 

Le 16 Mai 1897 :    Suite à la quasi totale destruction des vignobles attaqués par le phylloxéra, la commune de lalongue « considérant les difficultés qu’éprouvent tous les propriétaires peu aisés à reconstituer leurs vignobles par le fait de leur complète inexpérience au greffage, emet le vœu que des cours de greffage, faits par des hommes spéciaux, soient organisés pour la campagne prochaine et prie Mr le Préfet de bien vouloir donner une preuve de sa sympathie aux viticulteurs, déjà si éprouvés, en appuyant ce vœu auprès du Conseil Général ».

Le phylloxéra, minuscule puceron, fut introduit en France en provenance des Etats Unis. Pour y rémédier, on dut greffer les cépages français sur des plants américains, d'où les demandes du Conseil Municipal de l'époque.

 

Le 24 Décembre 1899 :   « Monsieur le Maire expose que la ligne de tramways, dont il est question depuis si longtemps, étant sur le point d’être construite, il importait de songer, dès à présent, aux services que peut rendre cette ligne pour le transport des marchandise agricoles et de l’intérêt supérieur qu’il y aurait pour les communes avoisinantes à avoir à Simacourbe une gare d’où les marchandises pourraient être expédiées… ».

 

Le 18 Novembre 1900 :   On pouvait croire que pour l’école des filles, tout était en état. Mais ce jour là, « le Maire expose au Conseil :

            « 1- Que le local destiné à Mme l’institutrice ne comporte aucun abri susceptible de recevoir ni son bois de chauffage, ni son vin, ni ses provisions quelconques ;

            2- Qu’il conviendrait de clore la cour de l’école, afin de ne plus laisser les enfants exposés au vent du nord et de leur donner un espace couvert plus vaste que celui qui existe actuellement, pour les mettre à l’abri soit de grandes chaleurs, soit du mauvais temps…

            Le Maire soumet au Conseil un projet des travaux à exécuter dont la dépense s’élèverait à la  somme de 800 F . »

            Et le Conseil fait une demande d’aide à la Commission départementale par l’entremise du Préfet.

            Cette aide, d’un montant de 200 F sera accordée le 1 mars 1901. »

 

 

Le 24 Mars 1901 : Le projet de ligne de tramways entre Pau et Lembeye progresse. Et le Conseil municipale délibère sur l’emplacement prévu pour une gare à Simacourbe. Celui qui a été retenu se situe « à droite de la route départementale N° 6 sur la crête du coteau derrière la maison de la veuve Lom. ». Je n’ai pas retrouvé l’emplacement exact de cette maison, mais la gare a du être construite comme il avait été prévu ci-dessus.

Pourtant, le Conseil note des inconvénients à cet emplacement :

             «  1- La gare de Simacourbe, telle qu’elle est indiquée sur le plan se trouve à une distance trop grande du centre de la commune de Simacourbe.

Ancienne gare de Simacourbe.

 

2 - Dans ces conditions, les habitants de Lalongue, voulant prendre le tramway pour se rendre à Lembeye se trouverait dans l’obligation de faire un trop long parcours pour se rendre à la gare et que, de ce fait, auraient tout avantage de se rendre à pied à Lembeye. »

3 - Il vaudrait mieux « avoir une gare située le plus près possible du chemin de grande communication N°4, et de préférence au point le plus central de Simacourbe, soit du côté de l’église, de l’école ou de la Châtaigneraie de M. Paragé ».

            Un courrier est envoyé dans ce sens à la Préfecture , mais bien évidemment, il n’en a été tenu aucun compte.

 

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