Chroniques de Lalongue

de 1870 à 1883

 

 

La guerre de 1870 vient de se terminer par une défaite cuisante de la France face à la Prusse. Un gouvernement provisoire a été formé à Paris et remplace le second Empire. Cette période verra éclore le mouvement impressionniste et les lois sur l'école de Jules Ferry.

 

Reddition de Napoléon III.

Aux premières heures du 2 septembre 1870,dans la grisaille d'une aube pluvieuse, Napoléon III quitte Sedan, quasi furtivement. L'Empereur des Français va se constituer prisonnier

Aussitôt Bismarck revêt son grand uniforme et monte à cheval pour se rendre au-devant des Français qu'il rencontre sur une route déserte où il accueille respectueusement celui qui fut le plus puissant monarque de l'Europe.

 

Ci-contre, près de Donchery, Bismarck s'entretient avec son prisonnier Napoléon III.

 

 

Le 14 septembre 1870.

Suite à cette dépêche du 4 septembre 1870, la préfecture avise les communes du département. Et à Lalongue "Monsieur le Maire communique au Conseil la circulaire en date du 8 septembre par laquelle Mr Nogué, nommé Préfet des Basses Pyrénées par le gouvernement provisoire formé à Paris le 4 du présent mois, a autorisé une convocation extraordinaire à l'effet de délibérer sur l'adhésion qu'il y aurait lieu de donner au dit gouvernement.

Le Conseil

Vu l'écroulement du Pouvoir qui dirigeait le Pays, la gravité exceptionnelle des circonstances nées de l'invasion étrangère et des désastres de notre armée;

Considérant l'urgente nécessité de l'union et d'une organisation énergique en face de l'ennemi, appelant d'ailleurs de tous ses voeux le moment où la France nommera ses représentants et statuera sur son avenir avec l'entière liberté que sa dignité exige;

Le Conseil déclare à l'unanimité donner son adhésion et offrir son concours dévoué au Gouvernement de la Défense Nationale dont le nom détermine les devoirs."

 

 

Le 6 Juin 1872.            Suite à une nouvelle disposition de la loi, en février 1872, le Conseil avait prévu la création d'une caisse des écoles destinées à "encourager et à faciliter la fréquentation des écoles par des récompenses aux élèves assidus et par des secours aux élèves indigents".

Après d'autres réunions et discussions sur ce sujet tout au long du mois de mai, le Conseil municipal exprime le voeux que "les écoles devinssent gratuites pour tous les enfants indistinctement à partir du 1er janvier 1873. Ce faisant, il ne serait plus dressé de listes pour la désignation des élèves indigents, et aucune rétribution ne serait perçue sur les familles dont les enfants seraient éliminés des listes."

On décide alors d'un certain budget alimenté par une taxe supplémentaire prise chez les personnes imposables de la commune.

 

Le 15 mai 1876.        Encore un problème très local et quasi habituel à Lalongue, une utilisation agricole d'un chemin communal. "Le sieur Bitalis Calixte propriétaire sur la commune " et qui "possède une parcelle de terrain longeant le chemin de petite vicinalité n°8 dit de Laribérette, dans un détour que forme ce chemin, s'est permis d'empiéter sur le terrain communal en fermant une partie du dit chemin, l'ajoutant à la parcelle précitée."

Le contrevenant se verra rappelé à l'ordre et menacé de la visite des agents de la Préfecture.

 

Le 9 février 1879.    La mairie que nous avons connue jusqu'en 2008, est construite et utilisée depuis environ deux ans. Il manquait encore un meuble indispensable à la tenue des réunions du Conseil municipal, une table autour de laquelle l'ensemble des élus pourraient s'asseoir. C'est alors que l'on fait confectionner cette grande table ronde que beaucoup de Lalongais on pu voir dans la salle de l'ancienne mairie? Cette table a ainsi vu siéger et se succéder les Conseillers municipaux de Lalongue pendant presque 130 ans.

 

C'est à cette époque que la commune de Lalongue se lança dans la construction d'écoles, une pour les garçons et une autre pour les filles ( jusqu'à cette époque l'enseignement était donné dans des salles louées à des particuliers). Ces deux constructions existent toujours et l'école des garçons est toujours opérationnelle; quant à celle des filles, du fait de la mixité des écoles, du dépeuplement de la commune et du rapprochement avec Simacourbe, elle n'avait plus de raison d'exister. Elle fut donc modifiée en maison d'habitation que la commune, propriétaire, peut louer à des particuliers. Il en est de même de l'étage de l'école des garçons.

 

L'école des garçons.

 

Le 16 mars 1873 :       C'est une date importante pour Lalongue, car c'est ce jour là que l'on prend la décision de construire "Mairie, salle d'école, logement pour l'instituteur et dépendances"  selon les plans "dressés par Mr Lévy, architecte du département le 6 avril 1869". Pour réaliser cette construction, la commune va emprunter la somme de 2500 francs.

Mais de la décision à la réalisation, comme souvent, il y eut bien des tergiversations. On apprend quand même que par des chemins détournés le projet aboutit, mais cela le fut surtout grâce au mécénat de Mr Alexandre Yermoloff.

En effet, le 12 mai 1878 on peut lire que "les ressources de la commune ne lui ont pas permis encore et ne lui permettraient jamais de s'occuper des deux écoles... Les habitants ont souffert de la grêle ces dernières années" et bien entendu sont gravement appauvris. "Mais la générosité de Mr Yermoloff, Maire de la commune et membre du Conseil Général va faciliter l'exécution du projet suspendu et retardé par la force des choses. Cet Honorable Bienfaiteur avait fait élever des constructions sur un terrain qui lui appartenait en vue de la construction de la maison d'école des garçons; l'architecte s'est conformé aux règles universitaires... L'école des garçons est établie depuis deux ans dans ce local et l'instituteur y est logé". On décide donc de clore le dossier en faisant quelques ajustements financiers pour que la commune puisse en devenir propriétaire; évidemment il en est de même de la Mairie adjacente.

Ce même jour on reparle de l'urgence de traiter le dossier de l'école des filles.

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Le 10 mai 1875.          On parle de la possibilité de construire une école pour les filles. L'on se rappelle alors que Mr Dariste avait fait don à la commune d'un terrain "dans l'intention d'y construire une maison commune spéciale aux filles...". Aussi "le Conseil Municipal actuel demande à ce que ce terrain soit livré à la commune et prie Mr le Préfet de vouloir bien lui envoyer un agent compétent..."

 

Le 16 juin 1875.          A la demande du Préfet, on fait les comptes et l'on s'aperçoit que la commune ne dispose que de 1816 francs... C'est beaucoup trop juste.

 

Le 14 août 1875.        "Le Conseil Municipal, sur la proposition de Mr Yermoloff, reconnaissant que pour le moment la question de la construction d'une maison d'école de filles sur cet emplacement n'est pas suffisamment étudiée et que les ressources de toutes sortes font défaut, ajourne la demande de construction d'un établissement réellement indispensable".

En attendant, l'école se fait dans des bâtiments loués à des particuliers, comme il en était auparavant aussi pour l'école des garçons. Ainsi en 1877, les filles allaient à l'école dans une salle louée au "sieur Caraby" et la location s'élevait à 70 francs l'an.

 

Le 16 février 1879.   Grande décision, l'école "sera bâtie sur un terrain offert par Mr Yermoloff, central, aéré, loin de toute habitation bruyante et malsaine...".

On adopte les plans de Mr Lasserre, puis on lance un emprunt de 4400 francs remboursable en 30 ans.

 

 

Le 3 mai 1880.            La construction de l'école est commencée, mais un litige s'est produit entre la commune et l'architecte à l'encontre du "sieur Lancet Jacques entrepreneur de la construction". En effet ce dernier a essayé de tirer sur la qualité des matériaux employés; ainsi, contrairement au devis accepté, les socles, les portes et les croisées qui devaient être en pierres de taille venant de Lourdes ont été construits en pierres venant de Bosdarros ou de Gan, pierres dont la qualité était reconnue moindre. De même, dans ce devis il était précisé que "le mortier fabriqué la veille ne sera jamais employé le lendemain" , ce qui par hasard avait été négligé par Mr Lancet qui avait même utilisé du mortier ayant gelé pendant la nuit. On parle aussi de briques de mauvaise qualité non conformes au devis.

Ce litige date du mois de février, date à laquelle des membres du Conseil Municipal avaient remarqué ces irrégularités. Alors une querelle envenima les rapports entre les membres du Conseil qui étaient intransigeants et ceux qui voulaient marchander avec Mr Lancet. Evidement depuis ce mois de février les travaux étaient freinés et même arrêtés.

Finalement il fallut l'intervention du Préfet pour qu"une décision à la Salomon intervienne; le travail pouvait reprendre dans l'état, mais avec des conditions qui pénalisaient le constructeur et l'obligeaient à être enfin très rigoureux.

 

Le 11 Juillet 1880.        Enfin, le Conseil Municipal se met d'accord sur les propositions préfectorales en y ajoutant toutefois un commandement particulier : l'entrepreneur sera rendu responsable "de tout retard existant à l'époque espérée; attendu que c'est par sa faute que les travaux chôment". Il prie aussi "Mr le Préfet, dans le cas où il y aurait du retard, de nommer un régisseur pour faire exécuter les travaux aux frais et dépenses de l'entrepreneur".

 

Le 29 août 1880.            Confirmation de la décision du 11 juillet dernier et une date butée est fixée "au 15 août prochain, c'est à dire en 1881 et la clé sera remis à cette époque entre les mains de l'autorité locale".

 

Le 13 novembre 1881. Il semble que malgré toute les précautions prises, il y ait eu un peu de retard. En effet dans la partie logement de l'institutrice (à l'étage), "les plafonds ne sont pas encore terminés"... et le Conseil Municipal débloque une somme de 60 francs pour "payer le logement de l'institutrice jusqu'à ce qu'elle puisse entrer dans la maison d'école qui est pour ainsi dire terminée".

 

Le 12 février 1882.      L'école des filles est enfin terminée, il reste encore un complément à ajouter, "un préau couvert et un mur de clôture". Et, vu l'état calamiteux des finances du village, l'on demande l'aide du Conseil Général et du Ministre de L'Instruction Publique.

 

Le 8 novembre 1882.   Sans réponse à la supplique du 12 février dernier, "le Conseil Municipal, voyant ce long silence, prie Mr le Préfet de vouloir bien donner suite le plus tôt possible au projet...".

 

11 novembre 1883.      Faute de crédits importants alloués à la commune, le Conseil "accepte et vote la souscription offerte par les habitants de 400 francs et renouvelle sa demande au Conseil Général". Toutefois la décision est enfin prise de construire le préau et la clôture.

 

 

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