Chroniques de Lalongue

de 1830 à 1852.

 

Cette période comprend la Monarchie de Juillet et la deuxième République. 

 

Comme nous l'avons vu dans la page précédente, le Roi Louis XVIII, évincé par la Révolution de Juillet 1830, avait été remplacé par le duc d'Orléans connu sous le nom de Louis Philippe. Toutefois quelque chose d'important s'était passé, la souveraineté de droit divin avait été remplacée par une souveraineté nationale ; le roi détenait le pouvoir de par la volonté populaire. Sous le règne de Louis Philippe, la France connut l'avènement des premiers chemins de fer. Puis, en 1846, à la suite de mauvaises récoltes, le Pays connut une grosse crise économique. Ces problèmes, amplifiés par une corruption importante du régime, amena la Révolution de 1848 (le 25 février) et la naissance de l'éphémère Seconde République. La seconde République s'acheva le 2 décembre 1852 par le coup d'état de Napoléon III.

 

 

Louis Philippe Egalité.

Le 21 mai 1831  Délibération "du Conseil Municipal contenant désignation des habitants à exempter de la contribution mobilière."

Suit une liste de vingt trois noms et le motif de leur exemption. De cette liste on peut citer :

Bacarisse Jacques 2ème né............. Exproprié.

Capddebot di Dazéro......................Indigent.

Courteil Marie (veuve).................... Indigente.

Lacoste à Bezacour........................ Peu de ressources.

Lousteau Pierre Cordonnier............ Indigent.

Moy Bernard.................................. Exproprié.

 

Rey Poque (Prêtre)........................ Maison occupée par des domestiques. Etait-il le curé de Lalongue ?

 

Le 21 décembre 1831 : Nomination de Pierre Berdalle comme Maire.

"Nous, conseiller d'état Préfet du Département des Basses Pyrénées... nommons le Sieur Berdalle (Pierre)pour remplir les fonctions de Maire de la commune de Lalongue et le Sieur Lacoste (Jean) pour les fonctions d'adjoint, lesquels se présenteront à la Maison Commune pour être installés dans leurs fonctions après avoir prêté serment d'après la formule suivante :" Je jure fidélité au Roi de français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du Royaume".

Signé : Vicomte de Beaumont."

Pierre Berdalle fut remplacé par Auguste Dariste le 20 février 1835 sur nomination du Préfet Mr Leroy.

 

On retrouve alors les mises en garde du nouveau Maire concernant l'activité des débits de boisson. Apparemment, si le rappel aux règlements est si souvent exprimé, c'est que les Lalongais de l'époque ne devaient pas tellement en tenir compte.

 

Le 19 juin 1836 : Le conseil municipal se réunit en délibération pour classifier "parmi les chemins vicinaux de grande communication, celui de Lembeye à Garlin qui traverse le territoire de Lalongue."...

Sur quoi le conseil municipal... considérant, quant à l'intérêt spécial de la commune de Lalongue, que le chemin dont il s'agit est de la plus grande importance, puisqu'il lui servirait d'une part de débouché facile pour les céréales par la communication avec Garlin, et que de l'autre, le transport de ses vins vers Pau recevrait une grande amélioration...

Le chemin dont il est question (le n°4) contribuera dans une proportion notable à former un réseau de communications bien dirigées, principal moyen de donner à cette portion du département l'activité et la vie.

 

Le 20 Juillet 1836 : Oh quelle horreur! "Divers particuliers se sont permis et se permettent encore journellement de faire paître leurs bestiaux dans le cimetière"... Aussi "Tout individu qui fera paître ses bestiaux de quelque nature qu'ils soient dans le cimetière sera puni d'une amende de onze à quinze francs et en outre d'un emprisonnement pendant cinq jours au plus en cas de récidive".

 

Le 10 août 1836 : Comme chaque année, à la même époque, le conseil municipal doit délibérer sur les problèmes liés aux dépenses obligatoires pour l'instruction primaire dans la commune. Pour la première fois il est donné à la réflexion des conseillers deux propositions "sur la convenance de la création d'une école de filles et sur l'opportunité de l'institution d'une classe d'adultes". Apparemment aucune décision ne fut alors prise.

 

Le 9 octobre 1836 : Il est question de l'entretien des chemins vicinaux de Lalongue; et comme dans beaucoup de petites communes les finances ne sont pas grandes. Alors, il faut imaginer et organiser des corvées . "Il y a lieu de consacrer aux travaux des chemins vicinaux de la commune de Lalongue pendant l'année 1837 la ressource suivante; savoir :

- Trois journées de prestation en nature par individu, par voiture, char ou charrette attelée de boeufs ou de vaches; le tout conformément à l'état matrice rédigé conjointement par le Maire, le Répartiteur et le Contrôleur des contributions directes.

- Cinq centimes additionnels au principal des contributions directes."

 

Le 8 mai 1838 : Projet d'extension du chemin de grande communication n°4. Ce chemin a été validé par décision du 19 juin 1836. Et maintenant " Mr le Maire a appelé l'attention du Conseil Municipal sur le chemin de grande communication n°4 de Garlin à Lembeye par Simacourbe, chemin qui vient aboutir à cette dernière commune et qui, d'après la décision du Conseil Général du Département, doit avoir un prolongement vers Anoye, en descendant dans la vallée du Lées après avoir suivi depuis Castetpugon jusqu'à Simacourbe la sommité du coteau; et il a proposé au Conseil d'examiner s'il ne serait pas" plus "conforme aux intérêts de la commune comme à ceux de toute la contrée que le chemin, arrivé à Simacourbe, se prolongeât toujours sur la crête sans déviation et qu'il suivit la direction de Julliacq par les hauteurs et qu'il se joignit avec le chemin n°5 de Garlin à Lourdes par Pontacq.

Et pendant que l'on était à discuter de chemin, une autre décision locale importante était prise. "Un membre a exposé que le chemin qui sert actuellement de communication avec la commune de Lannecaube (voir cadastre napoléonien de 1832) est devenu impraticable malgré les réparations qui y ont été faites toutes les années; que le mauvais état de ce chemin tient à sa position au milieu du bois et sur un terrain où les eaux ne trouvent point d'écoulement. Il propose en conséquence d'en changer la direction et de le conduire sur un terrain appartenant à Mr. Dariste, Maire, en suivant en ligne droite la pente du coteau et en passant près du champ dit de Bousigue Longue.

Ce doit être la route actuelle qui conduit à Lannecaube. Elle avait été prévue d'une largeur réglementaire de 6 mètres entre les fossés (article 11 du règlement de Mr le Préfet). Mais comme beaucoup de décisions importantes, il fallut attendre une bonne dizaine d'années avant d'en voir la réalisation.

 

Le 2 février 1840 : Suite à une lettre de proposition d'un service postal adressée par la Préfecture, le Conseil Municipal montre une unanimité très intéressée : "Le Conseil Municipal de Lalongue délibère à l'unanimité que Mr le Préfet sera supplié pour l'établissement du service quotidien de la poste aux lettres dans la commune de Lalongue et qu'il sera remercié par Mr le Maire d'avoir éveillé à cet égard l'attention du Conseil Municipal."

 

Le 10 Septembre 1840 : Mr Dariste est confirmé comme Maire de Lalongue. Là, nous allons nous arrêter un petit moment pour savoir qui était ce Dariste arrivé à Lalongue, nommé Maire, puis reparti de la commune.

Sur l'acte de nomination comme Maire de Mr Dariste, en 1835, on peut lire qu'il était rentier et pourtant, nous allons le voir, il était encore jeune.

Jean Baptiste Dariste naquit le 19 juin 1807 à Saint Pierre en Martinique. Il était le descendant d'une grande famille de médecins. A la fin de ses études, il s'établit en France dans le département des Basses-Pyrénées. Il s'y occupa activement de l'étude des sciences agricoles et économiques. Il devint propriétaire du château de Lalongue et des terres associées, probablement dans les années 1830. En 1835, il fut nommé Maire de cette commune, puis en 1841 il devint membre du Conseil Général en y représentant Lescar, et en 1848 il fut désigné pour siéger à l'Assemblée Constituante où il fit partie de la majorité de droite. Le 4 mars 1853, un décret impérial le fit entrer au Sénat où il demeura jusqu'à la fin du second Empire. De 1861 à 1870, il fut aussi président du Conseil Général des Basses-Pyrénées.

Il fut un bon exemple du cumul des mandats.

Il mourut en 1875 à Lescar dans les Pyrénées Atlantiques, au château du Bilaà, qui est maintenant la nouvelle mairie de la ville.

En 1849, son château et propriétés de Lalongue furent revendues à Mr Alexandre de Yermoloff que nous retrouverons plus loin.

Jean-Baptiste Auguste Dariste par Eugène Dévéria.

 

Le 7 septembre 1843 : Le sieur Dariste Jean Baptiste Auguste est de nouveau nommé Maire de Lalongue. C'est vers cette époque qu'a été décidé la construction d'un presbytère (voir la page correspondante). Il est encore nommé le 25 septembre 1846.

 

Le 12 mai 1847 : On retrouve à Lalongue, les mêmes problèmes que dans l'ensemble de la France. Suite à des conditions météorologiques défavorables (deux hivers très durs et une sécheresse estivale, ainsi que des grêles et des orages sur les semences à germination précoce), la récolte de 1846 est particulièrement médiocre. Et "sur la proposition de Mr le Maire, considérant que la pénurie où se trouvent un très grand nombre d'habitants de la commune, par suite du défaut presque absolu de la dernière récolte, est telle qu'ils sont privés de tout moyen de subsistance et qu'ils ne peuvent trouver à travailler parce que tous les propriétaires atteints du même fléau ont cessé presque tout travail chez eux...  délibère qu'une somme de 40 francs sera alloué au budget de 1847 pour travaux d'utilité communale, savoir la reconstruction d'un pont en ruine et de ses abords entre cette commune et celle de Lannecaube". En plus le Préfet est prié d'allouer une somme de 100 francs pour le même usage..

 

Le 21 mars 1848 : La révolution de 1848 vient de se terminer, le seconde République est née et des élections nationales ont eu lieu. Mr Dariste élu député a démissionné. C'est Jean Poulit qui est nommé par le Commissaire provisoire du Département des Basses-Pyrénées. Je n'ai pas alors trouvé trace de quelque serment que ce soit de la part du nouvel élu.

 

Le 3 septembre 1848 : Le mode de désignation du Maire ayant changé, il est procédé à une élection du Maire par la totalité des Conseillers Municipaux et Jean Poulit est alors réélu.

 

Le 5 août 1849 : Pour la première fois apparaît le nom de Mr Alexandre Yermoloff. Le Préfet, ayant demandé que deux membres du Conseil municipal soient nommés pour être portés Jurés pour l'année 1849, "le Conseil Municipal, après avoir pris connaissance de la dite circulaire a nommé Mrs Yermoloff et Lussiaa, tous deux membres du Conseil Municipal". A cette époque, Alexandre Yermoloff était donc Lalongais; il avait  acheté le château et les terres associées à Mr Auguste Dariste au cours de l'année 1849 (c'est le château construit par D'Arripe).

 

Le 21 décembre 1851 : Les 20 et 21 décembre ont lieu à Lalongue comme dans le reste de la France des élections au suffrage universel pour savoir si OUI ou NON le prince Louis Napoléon Bonaparte peut modifier la Constitution de 1848. A Lalongue, sur 174 bulletins déposés, 143 étaient valides; et sur les 143, tous étaient OUI, pourcentage que l'on peut comparer à celui de la France qui était de 92%. La seconde République vivait ses derniers instants.

Quand même il faudra remettre au goût du jour le serment du Maire, et les 5 août et 26 septembre 1852, le Maire et les Conseillers Municipaux font le serment suivant : "je jure fidélité à la Constitution et fidélité au président".

 

Le 6 juin 1852 : Suite à une lettre du Recteur de L'Académie de Pau, le Conseil Municipal est sollicité pour savoir s'il préfère que l'école publique de la commune soit confiée à un instituteur laïque ou à un membre d'une association religieuse. Et "le Conseil Municipal déclare , à l'unanimité qu'il désire que la direction de l'école publique de la commune de Lalongue soit confiée à un instituteur laïque qui remplisse les fonctions qui lui sont confiées comme il le devra , avec zèle".

 

Le 22 novembre 1852 : De nouvelles élections ont lieu pour ou  contre le plébiscite de son Altesse le Prince Président. Il y eut 123 votants dont 121 OUI et 2 NON. La seconde République avait vécue. Vive le Second Empire !

 

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