Histoire du presbytère.

                                                            

Le presbytère tel qu’il apparaît maintenant, après sa restauration.

 

               C’est à la réunion de mai 1840 du Conseil Municipal de Lalongue qu’est soulevée la question de construire un presbytère. Ce projet ne devait pas être vraiment nouveau car dans les registres de délibération il est noté qu’il serait utile " d’adopter à cet égard le projet conçu par Monsieur le Maire, projet qui a déjà obtenu l’assentiment de chacun des membres du Conseil ".

               Cette opération semblait d’autant plus importante pour les membres du Conseil municipal qu’elle était " rendue nécessaire, quant à présent, par l’impossibilité de trouver une maison convenable pour le desservant ". Il est même ajouté que ce " serait éminemment utile pour l’avenir ".

               Où logeait donc alors le curé de Lalongue ? Il ne devait pas y avoir de presbytère à proprement parler, mais une maison qui en faisait office et qui était louée par la commune. En effet, chaque année, une somme était allouée pour le " logement du curé ou desservant "; cette somme, en 1840, se montait à 60 francs. Nous n’avons pas trouvé trace dans les registres municipaux de l’emplacement de cette cure. Il semble quand même quasi certain qu’elle était installée dans la maison la plus proche de l’église jouxtant le cimetière.

               Cette maison, bâtie en 1732, possède en effet de curieuses inscriptions sur le linteau de la porte d’entrée principale ; elles se présentent sur deux lignes ; celle du haut note le nom du bâtisseur ainsi que la date de construction, celle du dessous reproduit une phrase en latin tirée de l’Evangile : JE SUIS LE CHEMIN, LA VERITE ET LA VIE. On peut remarquer aussi une croix gravée au milieu de cette dernière inscription.

 

EGO  SUM  VIA  VERITAS  ET  VITA

               Ces gravures sont partiellement cachées par la lampe qui a été installée. Elles ressortent toutefois légèrement sur le fond du linteau grâce à des passages au crayon noir qui en ont renforcé le contraste.

 

               Donc en 1840, M. Dariste, Maire de Lalongue, décida d’acheter, en son nom propre, le terrain dit Loustalan et de le revendre, au prix coûtant et sans intérêt, à la commune de Lalongue à fin d’y construire un presbytère. L’année suivante, les remboursements n’ayant pas eu lieu, M. Dariste proposa de renoncer " à la dite somme de douze cent quatre vingt francs, à lui payable en dix annuités... ". Evidemment le Conseil municipal ne s’opposa pas à cette décision.

               On fit alors préparer un devis estimatif pour l’édification du presbytère. Il en ressortit qu’une dépense de 3680 francs remplissait " les conditions désirables pour satisfaire aux stricts besoins de la commune, sans excéder ses ressources, si toutefois l’Etat venait à son aide ".

               Afin de rechercher quand même une construction à moindre coût, la Municipalité demanda à la Préfecture que les travaux soient exécutés sous la responsabilité d’un régisseur. Ainsi les habitants de la commune " s’empresseront de fournir des secours et des prestations qu’un entrepreneur ne saurait attendre et qu’il serait d’ailleurs difficile d’évaluer ". Cette demande restera longtemps sans réponse positive. Enfin le feu vert étant donné, il est décidé que " les travaux commenceront avec la campagne de 1843 ".

               Pour le financement, un emprunt de 2700 francs est souscrit auprès de " la Caisse de Dépôts et de Consignation ". Il est décidé de le rembourser en 12 annuités de 300 francs comprenant le capital et les intérêts à 4,5%. Cet emprunt sera couvert, grâce à un impôt exceptionnel de 300 francs par an qui sera prélevé en tant qu’impôt local supplémentaire. Quant à la demande d’aide de l’Etat, la " supplique " suivante fut envoyée : " Son Excellence Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Cultes est supplié d’allouer un secours de 1000 francs à la commune de Lalongue pour la construction d’un presbytère sur les fonds de l’exercice 1844, l’emprunt paraissant suffire aux travaux de 1843 ". En définitif l’emprunt ne sera réalisé qu’un an plus tard, le 25 juillet 1844.

               Le presbytère fut utilisé comme tel jusqu’en 1962 ; le curé qui l’occupait partit alors en maison de retraite ; mais il ne fut pas remplacé. Mort en 1964, le Père Edmond Collotte fut enterré dans le cimetière de Lalongue. Si vous vous dirigez vers le porche de l’église de Lalongue vous pourrez voir sa modeste tombe à droite près de l’entrée de l ‘église.

 

Requiescat in pace…

 

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