Quelle ne fut pas notre surprise quand le hasard, la chance et un peu de curiosité nous a fait découvrir ce vieux cadastre de notre commune. Il dormait paisiblement à coté de son petit frère, le cadastre actuel. Comment se fait il que personne n'ait eu l'idée de l'ouvrir et de le consulter ? Probablement que son aspect extérieur, cartonné et anonyme, n'excitait pas la curiosité des personnes qui avaient déjà pu l'apercevoir et probablement le manipuler.

Ce document devrait nous permettre de réveiller notre mémoire collective. Je vais essayer de vous le présenter en comparant un peu l'état de Lalongue en 1828 à celui de maintenant.

 

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               On désigne par cadastre à la fois des documents cadastraux établis en vue de l'assiette de l'impôt foncier, ou cadastre proprement dit, et le service administratif chargé des différents travaux cadastraux.

               Pendant tout le Moyen Âge, de nombreux "Livres Terriers ou Censiers" sont établis sur le plan local, à partir des déclarations des propriétaires et non selon la technique rigoureuse de l'arpentage, qui reste exceptionnelle.

               L'Ancien Régime devait échouer à dresser le cadastre général du royaume, réclamé par les Etats Généraux comme seul remède capable de lutter contre l'arbitraire fiscal. La suppression des anciens impôts, remplacés en 1790 par une contribution foncière unique répartie par égalité proportionnelle sur toute les propriétés foncière, à raison de leur revenu net (cadastre par masses de culture), fait apparaître la nécessité de connaître, sur toute l'étendue du territoire français, la contenance et le revenu de chaque propriété.

               Ce cadastre, dit Napoléonien est le résultat de la loi de Juillet 1807 qui décida la mise en place d'un cadastre parcellaire. Celui-ci devait alors remplacer le cadastre par masses de culture qui le précédait et ne donnait pas satisfaction. Les travaux furent très importants dans les années 1825 à 1835 et ne s'achevèrent qu'en 1850.

               Remarquablement exécuté pour l'époque, l' "Ancien Cadastre" était entaché d'une lacune fondamentale, il n'était pas tenu à jour. Le développement de l'habitat, de l'industrie et des voies de communication vint transformer la situation parcellaire de telle sorte que d'année en année, le plan perdait de sa valeur.

               Il y eut donc des interventions successives en 1930, en 1941, puis en 1955 et en 1974 pour permettre la mise à jour puis le remaniement partout où le tissus parcellaire devenait illisible. C'est une tâche permanente sans cesse reprise et très actuelle qui affecte le cadastre actuel descendant direct du cadastre napoléonien.

               Ces informations ont été extraites du site :  http://perso.orange.fr/cadastre

 

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1828

 1828, c'est treize années après Waterloo et la déportation de Napoléon à Sainte Hélène ; c'est après la période de la Restauration qui s'acheva à la mort du roi Louis XVIII en 1824 ; c'est pendant le règne de Charles X (connu aussi sous le nom de Comte d'Artois, il était frère de Louis XVI et Louis XVIII) ; ce règne s'acheva en 1830 au moment de la révolution des trois Glorieuses par l'abdication du roi, lequel fut remplacé par Louis Philippe Egalité. (1830 c'est aussi le début de la conquête de l'Algérie par les troupes Françaises).

Ce petit rappel peut nous permettre de mieux situer la période où a été édité ce cadastre de Lalongue.

(Ci-contre une image de Charles X).

 

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Carte originale.

 

 

 

 

 

        Ces deux images représentent la même page récapitulative du cadastre de 1828. L'image de gauche est la photo brute de cette première page. Les indications y sont parfois assez difficiles à apprécier. Aussi pour plus de clarté, j'ai reconstitué le plan d'une façon plus claire (image de droite).

        Sur le plan original on peut voir, tracé en violet, la découpe de Moncaubet qui sera retiré à Lalongue et remis à Simacourbe en 1870; sur l'image reconstituée, Moncaubet apparaît en jaune clair.

        Sur le plan original, on peut aussi remarquer des zones entourées de marron; elles correspondent au partage de Lalongue par quartiers. Ce sont ces quartiers qui sur d'autres feuilles du cadastre montrent les détails des différentes parcelles.

        Les plans détaillés de Moncaubet, enlevé à Lalongue en 1875, ne sont pas inclus dans le cadastre retrouvé. Ils ont dû être remis à la commune de Simacourbe au moment de la scission. On retrouve quand même des plans détaillés correspondant à la zone comprise entre les limites nord de Moncaubet et le quartier sud de Lalongue. Ces derniers plans ont probablement été établis vers 1875.

 

        Pour mieux apprécier ces images, vous pouvez les agrandir en cliquant dessus.

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Carte reconstituée.

 

 

 

 

Évolution des voies de communication.

 

 

 

        Cette carte reprend toutes les indications que vous avez pu observer précédemment. Sont surlignées en violet les principales routes qui depuis cette époque ont été rajoutées. En vert apparaissent les portions de chemins qui ont disparues ou sont hors d'usage, rattrapées par la végétation et, pour certaines même, cultivées.

        On peut noter aussi de nombreux changements de noms. Ainsi le chemin de Lapoutge de Lalongue est devenu la route départementale N°104; son parcours épouse pratiquement l'ancien chemin sur toute la traversée de la commune

 

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        La route de Vialer emprunte grosso modo l'ancien chemin de Lalongue à Vialer à partir de Lanusse, mais est plus récente en amont de Lanusse.

        La route de Lannecaube est entièrement nouvelle; quant à l'ancien chemin qui passait à proximité du château, à partir du Castetbielh, il est devenu un simple sentier forestier encombré par les herbes.

        Le chemin qui part du Château pour rejoindre la route D228 a été légèrement modifié afin d'accéder à cette nouvelle route; cet accès est remarquable grâce à son portail monumental.

        La route de Gayon, actuellement départementale D228, construite vers 1880, recoupe, par intermittences et sur de faibles distances, l'ancien chemin de Lalongue à Vialer.

        La route de Sévignac, départementale D 228 prolongement de la route de Gayon, emprunte à son début une petite portion de l'ancien chemin Hérissous, puis, vers le bas de la cote, le vieux chemin de la cote du moulin.

       Le chemin de Moncaubet construit dans les années 1870, emprunte l'ancien chemin de Hérissous avant de traverser le ruisseau Marquet pour monter à travers bois sur la colline de Moncaubet; puis, à proximité de l'ancienne motte, il rejoint l'ancien chemin de Lapoutge qu'il suit fidèlement  jusqu'à la chapelle de Moncaubet.

        Ce qui reste du chemin de Blanquets s'appelle maintenant le chemin Cassoulets.

        Ce qui reste du chemin de Barou est devenu, sur sur sa plus grande partie, le chemin de Hourcet.

        Le chemin de Lusson emprunte une partie de l'ancien chemin de Lagrabette.

        Le chemin de Bésecourt (ou Bésacourt, suivant les textes trouvés) à Gayon est devenu, sur sa partie haute, la cote de Marty et partiellement,sur sa partie inférieure, le chemin de Milhet.

        Une partie du chemin de Lalongue à Vialer (entre Broussole et Lanusse) s'appelle maintenant le chemin de Laribérette.

        De Jan jusqu'en haut de la cote, le chemin de Lalongue à Vialer est devenu la cote de Layanne.

        Le petit chemin partant en face du chemin de Haget (ou Hayet) vers le chemin Hérissous est encore utilisé, mais exclusivement, pour le passage des troupeaux.

        Du portail du château au lieu dit actuel Lassèpe (ancienne ferme ocrée), le chemin de la cote du moulin apparaît encore le long de l'enceinte du parc du château, sous forme de sentier forestier ; il fut récemment utilisé pour laisser passer les canalisations d'eau entre les puits de Lalongue et de Lespielle..

 

 

     Ce sont les principales remarques que je peux vous proposer; bien entendu chacun pourra essayer de situer tel ou tel endroit dans cet écheveau de voies existantes, ayant existé, ou étant disparues.

        De toute façon, il faut bien se souvenir que sur cette carte, tous les chemins existants en 1828 ne sont pas reportés; ils apparaissent sur les plans détaillés du cadastre mais, les reporter ici, aurait rendu le tout trop touffu. D'ailleurs ils n'étaient pas notés non plus sur le plan d'ensemble de ce cadastre. De plus certains utilisés à une époque donnée pouvaient très bien avoir disparus vingt ans plus tard en fonction de leur utilité ou de leur entretien.

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Ci-dessous une carte de Lalongue extraite des cartes d'état-major éditées entre 1830 et 1866. Apparaît cerclé en rouge le territoire de Lalongue tel qu'il existait à l'époque.

Sur la carte IGN actuelle qui est juxtaposée, l'ancien périmètre de la commune a été reporté en y incluant en pointillés la partie de Moncaubet remise à Simacourbe en 1875.

 

 

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Routes pricipales de l'époque.

 

 

                       Cette carte, dite carte de Cassini, n'est que la partie locale de la carte de France réalisée sous Louis XV par César François Cassini de Thury et son fils Dominique. Cette carte fut réalisée de 1760 à 1789 et ne fut publiée qu'en 1815. On peut remarquer que les seules routes ou plutôt chemins notés passent par Lembeye vers Aire, Lourdes et Pau. La route de Pau passait à proximité de Simacourbe; d'après son graphisme, ce chemin était non empierré (non pavé) et bordé d'arbres (végétation arbustive).

 

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        A cette époque, les transports se faisaient presque exclusivement à l'aide de charrettes tirées par des attelages de boeufs (souvent une seule paire, comme on peut le voir sur la photo ci-contre; les plus pauvres pouvaient même se satisfaire d'une vache). Aussi on peut imaginer l'état des chemins qui ne devaient avoir rien de commun avec ce que l'on voit actuellement. Les ornières faisaient partie de l'ordinaire et nos anciens devaient bien s'en arranger.

        La vitesse n'était pas encore entrée dans les moeurs; lorsqu'elle se faisait sentir, il fallait utiliser les chevaux, mais ceux-ci n'étaient pas communs dans le monde agricole. A Lalongue, peu de foyers devaient en posséder (le châtelain sûrement, mais qui d'autre ? quelques gens plus fortunés?). Seul le chemin principal de Lapoudge de Lalongue devait être presque carrossable.

        Mais avec la société qui commençait à bouger (les transports ferroviaires ne tarderaient pas à faire leur première apparition), les déplacements sur de plus longues distances devenaient progressivement indispensables; d'où les nouvelles routes créées dans les années qui vont suivre et qui vont permettre d'élargir l'horizon des Lalongais; de ce  fait, nous pouvons mieux comprendre l'aspiration des gens de Moncaubet, qui, quelques années plus tard, firent tout pour être rattachés à Simacourbe plus proche de la voie allant à Pau.

 

 

Un attelage de boeufs au Pays Basque dans les années 1900.

 

   

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Toutes les cartes constituant ce cadastre, sont actuellement exposées dans la grande salle de la Mairie.

 

 

 

 

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