AVERTISSEMENT.

Pour rédiger cette page, j’ai partiellement plagié les textes laissés à la disposition des visiteurs dans le bas de la nef de l’église. Ces textes sont parfois assez difficiles à saisir pour un néophyte ; aussi les ai-je souvent simplifiés. A tout hasard, en fin de page,  j’ai joint un petit lexique pour aider un peu ceux qui, comme moi, ne connaissent pas grand chose en architecture.  

Merci à Mr Serge Chantre président de l’association JADE qui m’a permis ce plagiat ; merci aussi à feu Monsieur l’abbé de Laforcade auteur principal de la documentation empruntée.

Vous pouvez grossir les images marquées d'un astérisque (*) en cliquant sur l'image elle même; pour revenir à la page, cliquez sur la flèche <---- en haut à gauche d'internet explorer.

 

 

INTRODUCTION.

L’église Saint Pierre daterait de la fin du XIème siècle ; on en retrouve des traces dans la partie basse de l’abside faite en moellons grossiers et dans le contrefort axial percé d’une baie à linteau sobrement décorée. Elle fut terminée vers 1140, probablement après une interruption des travaux. Une seconde campagne de travaux a utilisé des pierres de taille provenant des anciennes carrières de Conchez  et de Cadillon ; celles-ci montrent de nombreuses marques de tâcherons. Ce serait à ce moment là qu’aurait été mise en place la porte méridionale (porte principale). Le porche qui la surmonte semble avoir été prévu dès l’origine, mais celui en place date de 1809

 

Marques de tâcherons sur certaines pierres de la face extérieure sud.

 

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  Chrisme.*

 

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a*                    b*                        c*                    d*     Chapiteau gauche.                      Chapiteau droit.

 

LE PORTAIL  MERIDIONAL.

Cette porte,encadrée de deux colonnes avec chapiteaux, est surmontée d’un chrisme monté à l’envers (erreur de maçon ?). Je le montre ici remis à l'endroit.

Sur le chapiteau droit, on peut remarquer des musiciens qui entourent le roi David couronné, assis sur un siège aux accoudoirs ornés, tenant une viole de la main gauche et un archet de la main droite. A sa droite, un personnage, appuyé ou assis sur l’épaule d’un lion, souffle dans un cor. A sa gauche, un autre personnage mutilé, souffle peut être dans une flûte (c).Plus à sa gauche encore, deux personnages vêtus de robes à larges plis (d).

Sur le chapiteau gauche, c’est le sacrifice d’Abraham qui est représenté (b). On peut noter à droite qu’Abraham, la tête haute, la main droite levée et armée d’un glaive, s’apprête à immoler son fils Isaac qu’il a saisi de la main gauche par les cheveux. A droite d’Abraham, un Ange à quatre ailes et au visage d'adolescent, tient la main d’Abraham et l’empêche de donner le coup mortel. Plus à sa droite encore, deux personnages portent une pierre de sacrifice (a).

Malheureusement ces sculptures ont été irrémédiablement endommagées par le temps

 

 

L'EXTERIEUR SUD DE L'EGLISE.

Vers l’est, à mi hauteur du mur, un bandeau orné d’une double rangée de billettes se continue sur tout le pourtour de l’église ; il est plus ou moins dégradé et même modifié dans la baie sud et dans l’abside.

La baie du sanctuaire, de belles proportions, présente un double arceau surmonté d’une gorge et d’une archivolte à triple rang de billettes, dont on ne voit d’ailleurs qu’une partie. Le reste a été détruit par le feu au XVIème siècle. C’est en effet dans cette partie de l’édifice que se remarquent le plus de traces de l’incendie perpétré par les troupes anglaises de Montgomery (en 1579 ?) appelées à la rescousse dans la région par Jeanne d’Albret, Reine du Béarn-Navarre à la tête des Réformés Protestants, pour contenir les catholiques de Terride , à la solde de Catherine de Médicis, Régente du Royaume de France, qui cherchait en fait à annexer le Béarn.

Le clocher, construit en 1856, ne présente aucun intérêt historique

   

                                                       Baie sud.

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                     Baie de l'abside. *               Tête du félin. *.

 

ABSIDE EXTERIEURE.  

Elle était primitivement épaulée par cinq contreforts : un au chevet, deux au sud et deux au nord. Seuls quatre subsistent.

 La baie du chevet est de grandes dimensions et richement ornée. L’arceau intérieur est surmonté d’une archivolte à triple rang de billettes reposant à chaque extrémité sur deux grandes consoles sculptées, celle de gauche représente une tête de gros félin (certains disent un tigre) montrant ses crocs.

 

 

 

 

EXTERIEUR NORD.

Au nord se trouve la sacristie reconstruite au XIXème siècle ; elle est surmontée d’une baie présentant une belle archivolte à deux rangs de billettes.

Au nord encore, on peut remarquer une porte, aujourd’hui murée,  jadis protégée par un porche ; c’était la porte des cagots qui a d’ailleurs longtemps servi aussi aux propriétaires de l'Abbaye laïque voisine pour pénétrer dans l’église.

 

 

L’INTERIEUR.

 Il est accessible par une descente de six degrés en pierre. La nef ne présente pas de particularités anciennes car elle a été refaite presque complètement au XIXème siècle.

Toutefois il reste un étrange motif, grossièrement gravé sur une pierre quadrangulaire placée dans le mur, sous la porte qui donne, de l’intérieur, accès au clocher. On y voit plusieurs croix et divers signes où l’on reconnaît le monogramme du Christ encadrant un personnage à peine esquissé . Si l’intérêt artistique est nul, la figure pose une interrogation : est-ce le Christ que l’on a voulu représenter ?... Ne serait-ce pas la fameuse pierre sur laquelle on venait appliquer le linge d’un enfant malade, selon la superstition locale ?... Qui sait ? De plus il est impossible de la dater.

 

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                              Pierre gravée. *

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      Vierge en bois. *                  Autel peint. *

LE CHOEUR.

 C’est l’élément le plus intéressant de l’édifice, élégant mais aussi plein d’anomalies au niveau des arcs et des clés de voûte. Les voûtes sont maintenues par des ogives au tracé maladroit et légèrement dévié par rapport à la nef. Ces ogives retombent sur de grossiers culots sommairement ornés ; l’une des clés porte un écu armorié non identifié.

L’autel en bois peint proviendrait de la chapelle du château de Parage et aurait été la propriété de l’abbé Tarride, ancien vicaire général de Lescar.

Une statue de la Vierge à l’Enfant paraît très ancienne (XIIIème siècle ?) ; elle est en bois fruitier sculpté, mais un décapage intempestif l’a rendue informe et de datation incertaine.

    

CONCLUSION.

Telle qu’elle se présente à nous actuellement, malgré l'usure du temps et les nombreuses mutilations qu’elle eut à subir, cette église n’en n’est pas moins un des plus remarquables édifice romano-bysantins du Béarn.

L’église de Simacourbe a d’ailleurs été classée en 1925 au rang des monuments historiques.

Cette description de l'église ne devrait que vous encourager à la visiter, d'autant plus qu'à l'intérieur, le calme, la fraîcheur (en été) et le silence qui y règnent ne peuvent que vous aider à retrouver une profonde sérénité.

 
 

 

LEXIQUE

 

 

Chrisme : Monogramme du Christ,formé des deux premières lettres grecques de son nom.

Archivolte : Bande moulurée concentrique sur la partie intérieure et concave d’une arcade. 

Voussure : Chacun des arcs concentriques formant l’archivolte d’une arcade, d’un portail.  

Imposte : Moulure saillante surmontant le montant vertical sur lequel retombent les voussures d’une arcade, d’une voûte.  

Rinceau : Arabesque végétale  sculptée ou peinte, servant d’ornement en architecture et dans différents arts décoratifs.

Tailloir : Partie supérieure d’un chapiteau , tablette carrée ou polygonale sur laquelle repose la retombée des voûtes.

 

 

Chapiteau : Partie élargie située entre le fût d’une colonne et la charge qu’elle supporte.

Epannelage : Dégrossissement par une taille en plan qui dégage la forme du sujet.  

Billette : Ornement composé de petits tronçons de tores espacés.  

Cagots : Héritiers supposés d’anciennes peuplades locales hérétiques qui se seraient converties au cours des temps, mais seraient restées rejetées à l’extérieur des villages comme les lépreux auxquels ce même nom est assimilé dans d’autres régions de France. Maîtres dans le travail du bois, ils étaient utilisés dans la construction des églises mais devaient quand même n’y entrer que par une petite porte dérobée car non dignes de passer par l’entrée principale. Cette particularité dura jusqu’à la Révolution.

 

 

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