Mes voyages professionnels. 

 

A mon retour de l'armée en fin février 1961, n'ayant que mon baccalauréat de philosophie, il fallait bien que je trouve du travail. Aussi, je m'engageai comme pion au collège Sainte Marie à Cholet. Là, je rencontrai un collègue qui me renseigna sur les centres de formation professionnel pour adultes qui me permettraient de devenir technicien en électronique. Je m'y inscris et je me retrouvai au centre d'Angers où je dus compléter mon faible niveau en mathématiques, puis après 3 mois , je partis pour la banlieue de Rouen pour plus de 6 mois.

A la suite de cela, je trouvai un travail à la CIFTE de Saint Pierre Montlimart (49) qui fabriquait des tubes électroniques. Ceci vers la fin 1962. J'y restai jusqu'au début 1964, puis je trouvai un travail plus motivant (pour moi) à la Compagnie Générale de Géophysique située à Montrouge en banlieue parisienne. Ceci fut bien entendu au détriment de ma vie familliale tranquille.

 



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A la CGG. 

Arrivé à la CGG, tout de suite, on me dit que j'allais travailler à la recherche pétrolière en mer et que je serais formé à bord des bateaux où l'on me dirigerait. Je fus ainsi envoyé à La Rochelle où un ancien dragueur de mines de la marine américaine avait été aménagé pour le travail de recherche géophysique. Il s'appelait l'Amiral de Joinville. Je restai à bord plusieurs mois avec de longs séjours dans le golfe de Gascogne où je souffris maintes fois du mal de mer.

Quand cette mission fut terminée, après un court moment en famille, je fus envoyé en Egypte avec un technicien de grande expérience. On devait installer du matériel Américain sur un bateau Russe (Cf. Image 01) qui jusque là travaillait pour les Egyptiens. Ceci se fit sans problème et nous travaillâmes en mer Rouge au sud de Port Saïd, puis après avoir remonté par le canal de Suez, au nord d'Alexandrie.

Ensuite après de nombreux allers et retours entre l'Ecosse et la Norvège, je fus envoyé dans le Golfe Persique (Cf. image 02). Entre temps, j'étais devenu Senior, c'est à dire que, à bord, j'étais responsable de la bonne marche de tout le matériel d'enregistrement et de reproduction des données. Revenu du golfe Persique, lors d'une longue mission en Norvège, je fus mis en charge de mettre au point un traceur numérique rapide qui permettait de représenter les coupes géologiques sur des documents photographiques de grandes dimensions, jusqu'à 1m de large et 1,40m de long. Ultérieurement j'en devins le spécialiste maison.

Après ce passage en Norvège, puis être allé en Tunisie, je repartis pour le sud de la Mer Rouge; nous étions alors basés à Massaoua en Erythrée. Mais en travaillant trop près des récifs de corail, le bateau ( Le Capricorne, lui aussi un ancien dragueur de mines américain) s'échoua et l'on dut vaille que vaille rejoindre Port Soudan pour le faire réparer (Cf. image 03). Puis comme nous n'avions pas de climatisation, on nous conduisit ensuite jusqu'à Aquaba en Jordanie; là, comme nous avions plusieurs jours à attendre que l'on nous installe cette clim, nous fîmes une virée jusqu'à Amman et Jérusalem. (Cf. Images 04 et 05).

Revenu, je fis alors une escapade à TerreNeuve pour remplacer un collègue dont la femme accouchait. Le job terminé, sur le bateau, on nous emmena à Miami (Cf. image 06) où nous restâmes quelques jours, puis à Puerte Limon au Costa Rica, à Paramaribo au Surinam et enfin à Dakar d'où enfin nous pûmes revenir en France en avion.

    Image 01: le bateau russe à quai.        Image 02: Torchères du golfe Persique.   Image 03: Le Capricorne à Port Soudan.

Image 04 - Une porte de Jérusalem.     Image 05 - Front de l'église de Getsémanie.     Image 06- Seaquarium de Miami.

 

Une drôle d'année 1968.

En fin 1967, nous avions laissé le Capicorne à Massaoua en Erythrée au sud de la Mer Rouge. En mars 1968, j'y fus envoyé pour y réembarquer et ceci via Le Caire, Addis Abbéba, Asmara en vols successifs, puis en train vers Massaoua. En arrivant, il fallut remettre en place les laboratoires d'enregistrement et l'ensemble du matériel; puis en route vers Monbassa au Kénya. Là, après environ 1 mois de travail, de nouveau, nous heurtâmes un récif de corail et une hélice du bateau lâcha; il en restait bien une, mais naviguer avec un seul moteur sur deux ne nous permettait pas de travailler. Hélas, il était impossible de faire réparer le bateau car nous n'avions pas d'hélice de rechange. Dans l'attente de cette hélice nous avons eu une bonne semaine de faniente. C'était la période de Mai 1968 et il était difficile de nous faire parvenir quoi que ce soit.. Alors on nous dit de rejoindre Colombo à notre vitesse réduite. Donc nous partîmes via les Seychelle et en évitant les Maldives (Cf. Image 10). Arrivés à Colombo, après deux jours de discussions avec Paris, on nous envoya à Singapour où l'hélice devait être arrivée. Là, après une semaine environ, le bateau réparé, on vous envoya au nord de Sumatra pour tester notre matériel dans des embouchures de fleuves. Puis une quinzaine plus tard nous fîmes route vers Darwin au nord ouest de l'Australie en longeant les côtes de l'Indonésie, dont l'ile de Bali (Cf: Image 11). Nous y travaillâmes environ deux mois sans problème. Puis, le job terminé, nous nous dirigeâmes vers Bornéo à Sandakan. Ce port est aussi le point à partir duquel, en voiture, on peut aller visiter le parc dans lequel on accueil des orang-outangs malades ou blessés (Cf: Image 12). Nous profitâmes donc d'une pose pour aller le visiter (Cf: Images 13). Puis, au boulot. Mais là encore, un récif de corail nous attendait et on cassa un arbre moteur qui de ce fait bloquait le fonctionnement d'une hélice. Il fut alors décidé de repatir vers Singapour pour faire réparer; heureusement à Bornéo le travail était pratiquement terminé. Arrivé à Singapour, on renvoya en France l'équipe de techniciens sauf moi qu'on expédia à Brisbane en Australie pour faire la maintenance de matériel terrestre de radionavigation. Là, ce fut tranquille, j'avais un petit boulot qui me permit de visiter la ville et les alentours. Quinze jours plus tard on me demanda de rejoindre Singapour où le bateau était réparé. A ce moment là, on reprit la route du sud pour rejoindre Darwin; là bas, d'autres techniciens nous attendraient. Et voilà, nous naviguons gentiment plein sud le long des iles d'Indonésie. Mais un soir, vers 10 heures, alors que je jouais à la belote avec le commandant, le second et le chef mécanicien, un mécano arriva en trombe en criant "chief, chief... water, water!". Aussitôt le chef mécanicien bondit dans la salle des machines puis peu de temps après remonta et nous cria;" Il faut partir, le bateau coule...". Alors sous les ordres du second, l'équipage mis à l'eau les bombards sauf un que je réquisitionnai un court temps pour y embarquer une partie du matériel électronique très moderne (tout au moins pour cette époque) (Cf: Images 14). Quand tout cela fut fait, les bombards s'éloignèrent du bateau, mais s'y tenaient retenus quand même pour rester à proximité; ils ne devaient s'en détacher et attendre notre arrivée que si le bateau coulait vraiment Nous restâmes trois à bord, le chef mécanicien, le commandant et moi. Le commandant qui alors essayait en vain d'appeler des secours avec la radio du bord me demanda si je pouvais essayer de mieux régler celle-ci pour que quelque part on puisse nous entendre et faire que nous soyons secourus. Donc je me mis à tripoter les réglages de cette radio que je ne connaissait pas trop... et cela marcha, Darwin nous répondit. Il était temps, car le chef mécanicien entrait où l'on était en criant :"On saute, le bateau coule...". Alors en courant, nous nous jetâmes à l'eau et, à la nage, nous rejoignîmes les bombards où l'équipage nous accueillit  avec soulagement. Il n'y avait plus qu'à attendre. Mais vers 3 heures du matin, des lumières à l'horizon nous fîment penser qu'un bateau allait passer à proximité. Nous lançâmes des fusées de détresse qui furent vues et le bateau se dérouta et nous recueillit. C'était un cargo canadien qui effectuait un transport entre Adélaïde et Vancouver. Il nous emmena alors vers l'ile de Timor et nous débarqua à Dili. Tout l'équipage et les officiers repartirent rapidement vers Singapour pour être rapatriés. Quant à moi, piégé par le matériel informatique que j'avais sauvé, je restai quelques jours pour attendre les papiers me permettant de les emmener avec moi. Quand j'eus ces fameux papiers, un avion biplace vint me chercher et m'emmena à Darwin d'où enfin, je pus, via Singapour Cf: Image 15), New Delhi et Franckfort rejoindre Paris et Saint Germain sur Moine. On était en novembre... que le temps passe vite!

Image 10: Arrivée aux Seychelles.                    Image 11: Au large de Bali.                  Image 12: Soins des orang outangs.

            

Image 13: Abri de pêcheurs à Borneo.    Image 14: Matériel sauvé du naufrage       Image 15 :  Départ de Singapour.

Retour au calme.

Après 2 mois de repos, je fus muté à Massy Palaiseau, nouveau siège de la CGG. Là on me demanda d'assurer la maintenance du matériel d'enregistrement géophysique du type que j'avais réussi à sauver du naufrage. Ce travail me permit de pouvoir enfin vivre en famille, tout au moins par intermittences, dans un appartement loué sur place; toutefois il me fallait en cas de besoin sauter dans un avion pour dépanner les équipes sur le terrain. Ainsi je dus entre autre passer une dizaine de jours dans le désert Lybien et aussi quelques temps plus tard dans le Golfe Persique. Mais le plus long fut un déplacement aux iles Kerguelen qui m'obligea à faire repartir ma famille vers Saint Germain sur Moine. Cette mission avait été demandée par l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg qui gérait les sites des Iles Kerguelen. Avec mes équipements je devais, lors de nos déplacements en mer et dans les zones choisies, faire des enregistrements pour détecter les dérives des continents. Je partis en avion à la Réunion accompagné de Roger comme assistant et avec le matériel nécessaire qui serait à installer à bord du cargo qui nous transporterait avec l'équipe de l'IPG. Arrivés à La Réunion nous attendimes une semaine l'arrivée de ce bateau (Cf: Image 20); puis en route plein sud. Tout se passa normalement. Arrivé aux Kerguelen, j'eus le temps de visiter les intallations, puis l'on emmena une équipe de glaciologues plus au sud de l'ile (Cf: Image 21) où j'eus la joie de pouvoir marcher entre les otaries, les phoques et les éléphants de mer (Cf: Images 22, 23). Quand nous repartîmes, nous fîmes un détour par l'ile de Crozet pour y débarquer une équipe de météorologues en remplacement de celle qui était déjà en place; Crozet est connu pour ses réserves d'oiseaux marins (Images 24, 25). Enfin nous remontâmes vers l'ile Maurice d'où, après une escale de deux jours, nous repartîmes vers La Réunion. Là, après avoir démonté et expédié le matériel, Roger et moi repartîmes vers Paris.

Ce fut ma dernière balade à la CGG; car, à ma demande expresse, je fus muté à l'entreprise Sercel à Nantes. 5ercel était à l'époque une filliale de la CGG spécialisée dans la création d'équipements d'enregistrements géophysiques et de radio positionnement en mer (le Toran). On était en juillet 1970 et je commencai à travailler en Août... adieu les vacances.

Image 20: Les canons de Saint Denis.       Image 21:  Au large des Kerguelen          Images 22: Les phoques sont là.

 

Image 23: Eléphant de mer coléreux.    Image 24: les manchots nous accueillent    Image 25: Un albatros sur son nid.

 

A Sercel.

Arrivé à Sercel, on m'avertit :"Vous allez travailler sur le Traceur Numérique Rapide 90"; cette machine, un peu du même genre que celle que j'avais réceptionnée et mise au point en mer du Nord, était l'oeuvre des équipes de l'entreprise et était plus performante que celle que j'avais eue entre les mains quelques années plus tôt. Je devais participer à la mise au point avec l'équipe qui l'avait créée, puis faire le service après-vente, c'est à dire l'installer chez les clients, former les techniciens locaux à la maintenance et assurer les dépannages importants. Ce travail allait m'obliger à de nombreux déplacements, mais en me laissant quand même pas mal de temps pour vivre avec ma famille. Cette société me nomma rapidement ingénieur, mais "ingénieur maison" car je n'avais pas les diplômes. J'y reçu aussi un brevet d'invention international concernant la qualité de traçage améliorée de sinusoides de grande ampleur sur les traceurs numériques utilisant comme source de lumière un tube à rayons cathodiques.

Les voyages commencèrent à la fin de l'année 1970 où je dus partir et rester à Moscou pendant plus de six semaines. J'étais seul et mes rapports avec les équipes locales se faisaient via une interprête (Cf: Images 30,31,31 et 33). J'y retournai 6 ans plus tard en plein hiver pour installer un Traceur Numérique Rapide 91 nouvelle génération; ce coup là je n'étais pas seul, mais avec toute une équipe chargée de mettre en place un centre informatique spécialisé dans la recherche pétrolière (Cf: Images 34 et 35). Deux ans plus tard, je fus envoyé aux iles Sakhalines, au nord du Japon; c'était une zône semi-militarisée et donc je ne pris aucune photo. Pour y aller et revenir, je fis escale à Vladivostok.

Image 30: Eglises du Kremlin.                   Image 31: Mausolée de Lénine.             Image 32: Départ défilé du 7 novembre

Image 33: Défilé militaire du 7/11             Image 34: Murs du Kremlin enneigés    Image:35: La place rouge est blanche.

 

Et puis, je parcourus plein de pays et de villes. On peut citer en Europe Londres, Leipzig, Varsovie, Cracovie, Torun, Budapest, Brno, Zagreb, Milan, Madrid puis Dehradun aux Indes, Houston, Denver, Los Angeles aux USA, Calgary au Canada, Caracas au Vénézuela, Port Gentil au Gabon etc... Je n'ai que peu de photos, car mes déplacements étaient quasiment tous pour des assistances urgentes. J'en ai quand même quelques unes dont certains spécimens sont affichés ci-dessous. (Cf: Images 40 à 45).

Image 40: Buda dominant le Danube.     (Image 41: Pest et son palais. (Hongrie)      (Image 42: Château de Cracovie.

   Image 43: Transport bovin aux Indes.    Image 44; Village accroché à l'Himmalaya     Image 45: Musée de la NASA (Texas)

 

Et puis en 1977 et 1980, je fus envoyé à Pékin en Chine et de là (en 1980) jusqu'à Kaifeng plus au sud. A chaque fois ce fut pour un minimum de trois semaines (Cf; Images 50 à 55). Enfin en 1973 je fus embauché par Elf.

       Image 50: La citée Interdite.                   Image 51; Détail Citée Interdite.              Image 52; La Grande Muraille.    

Image 53:(Kaifeng) Cordonnier au travail.        Image 54: La récolte du Riz.       Image 55:(Kaifeng) La vie de tous les jours.

 

ELF puis TOTAL

Je fus alors obligé de me trouver un logement pour moi seul dans la banlieue parisienne, mais chaque weekend je pouvais retourner chez moi à St Germain sur Moine; ma famille put donc rester en place. Je devais presque toutes le deux semaines passer aussi quelques jours à Pau pour m'occuper, comme à Paris, du parc de traceurs numériques. Puis, je fus muté à Pau et j'y partis avec toute ma famille et nous sommes restés dans la Béarn après avoir fait construire à Lalongue dans le nord de la région. Je bougeais beaucoup moins quoique je dus retourner un court temps en Israel, puis à Houston et enfin à Bruxelles pour y suivre une formation sur un nouveau traceur rapide n'utilisant plus comme source lumineuse un tube à rayons cathodiques mais un laser. Ce fut une bonne transition et je pus même adapter le laser à réaliser des scans de cartes ou même de photos d'écrans (ceci me valut une prime d'innovation). Ceci dura quelques années, puis je finis par travailler à l'installation de réseaux filaires internes et, de ce fait, je fus envoyé à Pointe Noire au Congo Brazzaville pour y noter toutes les installations en place mais qui n'avaient pas été repertoriées. Arriva enfin le retraite et ma tranquillité à Lalongue en fin 1994.

Quelques remarques.

Tous ces voyages ne me donnèrent que peu de temps pour faire du tourisme. Toutefois mes dimanches étaient souvent libres et je pus occasionnellement en profiter. Ainsi en Egypte, je pus assister à un son et lumière aux pyramides et visiter le musée du Caire. En Russie on me fit visiter le Kremlin, assister à un concert de musique classique, et j'assistai à un office religieux copte dans un église ouverte de Moscou. En Chine je pus visiter la citée interdite, le Jardin d'Eté et aller trotter sur la grande muraille. Aux Etats Unis, je pus visiter le musée de la NASA proche de Houston. Mes autres distractions des journées libres furent le plus souvent en marchant de visiter le centre des villes et leurs monuments. Voilà, maintenant c'est le grand repos...

Merci à toute ma famille et particulièrement Mauricette qui pendant toutes mes absences s'occupa de tout merveilleusement; merci aussi à mes deux enfants qui ne m'ont jamais tenu rigueur de mes nombreuses absences.

 

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